En bref : quatre solutions de répit existent en Bretagne pour un aidant. Le relayage à domicile remplace l'aidant chez lui jusqu'à six jours ; l'accueil de jour prend le proche quelques heures par semaine ; l'hébergement temporaire l'accueille en établissement plusieurs semaines, dans la limite de 90 jours par an pour l'aide sociale ; le séjour de répit aidant-aidé fait partir les deux ensemble, le proche étant accompagné sur place. Le bon choix dépend d'une question : voulez-vous du temps sans votre proche, ou du temps avec lui mais sans la charge ?
Qu'est-ce qu'une solution de répit, et pourquoi en comparer quatre ?
Une solution de répit est un dispositif qui soulage temporairement l'aidant de l'accompagnement quotidien de son proche, qu'il soit âgé, malade ou en situation de handicap. La DREES compte 9,3 millions d'aidants en France, dont une majorité ne prend jamais de pause faute de savoir à qui confier son proche. Les quatre solutions ci-dessous répondent à des besoins différents : elles ne se remplacent pas, elles se combinent souvent. Notre article sur le temps de répit de l'aidant familial pose les bases ; ici, nous comparons les mécanismes.
Le relayage à domicile : la solution de répit sans déplacer son proche
Le relayage, aussi appelé baluchonnage, consiste à faire venir un professionnel unique au domicile pour remplacer l'aidant plusieurs jours d'affilée, jour et nuit. Expérimenté depuis 2018, le cadre a été pérennisé par la loi du 15 novembre 2024 et précisé par le décret n° 2025-827 : un seul intervenant peut assurer le relais pendant six jours consécutifs au maximum, avec l'accord préalable du département ou de l'ARS.
C'est la solution la plus douce pour un proche désorienté, qui garde ses repères, son lit, ses habitudes. Elle demande en revanche de confier ses clés et son intimité à une personne extérieure, et l'offre reste rare : en Côtes-d'Armor, la plateforme de répit du département oriente vers les rares services agréés, souvent avec une liste d'attente. Le coût est pris en charge en partie par le plan d'aide APA ou PCH, le reste dépendant du service.
L'accueil de jour : la solution de répit à la journée
L'accueil de jour reçoit le proche une ou plusieurs journées par semaine dans une structure dédiée, souvent adossée à un EHPAD ou à une association comme France Alzheimer, avec des activités, un repas et parfois le transport. L'aidant récupère des heures régulières : courses, rendez-vous, sieste, rien de plus, mais chaque semaine.
Le tarif journalier est fixé par le département et peut entrer dans le plan d'aide APA. Les limites : le rythme reste celui de la structure, le transport est parfois à organiser, et le proche doit accepter un lieu collectif. C'est la solution à choisir quand le besoin est régulier et que l'aidant ne souhaite pas, ou ne peut pas, s'éloigner.
L'hébergement temporaire : la solution de répit pour plusieurs semaines
L'hébergement temporaire accueille le proche seul dans un établissement (EHPAD, foyer, structure spécialisée) pour une période définie, de quelques jours à quelques semaines, par exemple pendant une hospitalisation de l'aidant ou des vacances. L'aide sociale à l'hébergement le finance dans la limite de 90 jours par année civile, en une ou plusieurs fois ; l'APA peut, selon les départements, couvrir une partie du tarif dépendance.
C'est la seule solution qui libère complètement l'aidant, nuits comprises. Elle est aussi la plus difficile à accepter pour le proche, qui change de lieu sans son aidant, et pour l'aidant lui-même, qui redoute souvent que le séjour ressemble à une entrée en établissement. Le détail des aides est sur pour-les-personnes-agees.gouv.fr.
Le séjour de répit aidant-aidé : la solution de répit où l'on part ensemble
Le séjour de répit aidant-aidé renverse la logique : l'aidant et son proche partent ensemble dans un lieu de vacances adapté, et une équipe accompagne le proche pendant des temps dédiés, repas, activités, balades, pour que l'aidant souffle sans culpabiliser ni s'inquiéter. Le cadre juridique est le même que celui du relayage depuis la loi de novembre 2024. Aux Voisins Beaucemaine, à Ploufragan, un séjour de répit aidant-aidé de trois jours et deux nuits commence à 290 € par personne, tout compris, dans un hôtel de plain-pied non médicalisé, labellisé Tourisme & Handicap.
Ce format convient aux binômes qui refusent de se séparer, aux conjoints en particulier, et à ceux qui veulent retrouver un souvenir commun plutôt qu'une simple pause. Il ne convient pas à un proche qui a besoin de soins infirmiers continus. Pour voir le déroulé concret, lisez comment fonctionne un séjour aidant-aidé.
Comment choisir sa solution de répit en Bretagne : le tableau comparatif
- Relayage à domicile : chez le proche, jusqu'à 6 jours d'affilée. Pour un proche désorienté, attaché à ses repères. Limite : offre rare, liste d'attente.
- Accueil de jour : structure dédiée, quelques heures plusieurs fois par semaine. Pour un besoin régulier quand l'aidant reste sur place. Limite : pas de nuit, transport à organiser.
- Hébergement temporaire : établissement, de quelques jours à 90 jours par an. Pour un aidant hospitalisé ou en vacances. Limite : séparation, vécue comme une entrée en établissement.
- Séjour de répit aidant-aidé : lieu de vacances adapté, 2 à 7 nuits. Pour un binôme qui veut partir ensemble. Limite : pas de soins infirmiers continus.
Trois questions suffisent pour trancher. Voulez-vous du temps sans votre proche (relayage, accueil de jour, hébergement temporaire) ou du temps avec lui sans la charge (séjour aidant-aidé) ? Le besoin est-il régulier (accueil de jour) ou ponctuel (les trois autres) ? Votre proche supporte-t-il un changement de lieu ? Si non, le relayage reste la seule option.
Combien coûte chaque solution de répit et quelles aides mobiliser ?
Trois aides reviennent dans tous les cas. Le droit au répit de l'APA finance jusqu'à 583,52 € par an en 2026, au-delà du plan d'aide, pour toute solution de répit, relayage, accueil de jour, hébergement temporaire ou séjour. L'allocation journalière du proche aidant (AJPA) verse 66,64 € par jour en 2026 à l'aidant qui suspend son activité, dans la limite de 22 jours par mois et de 66 jours sur la carrière. Caisses de retraite, mutuelles et CCAS complètent souvent. Le détail, démarche par démarche, est dans notre guide pour financer un séjour de répit.
À retenir
- Quatre solutions de répit, quatre logiques : rester chez soi (relayage), quelques heures régulières (accueil de jour), plusieurs semaines sans le proche (hébergement temporaire), partir ensemble (séjour aidant-aidé).
- Le relayage et le séjour aidant-aidé ont un cadre légal stable depuis la loi du 15 novembre 2024.
- L'hébergement temporaire est plafonné à 90 jours par an pour l'aide sociale.
- Le droit au répit APA (583,52 €/an) et l'AJPA (66,64 €/jour) s'appliquent à toutes les solutions.
- Un séjour de répit aidant-aidé de 3 jours et 2 nuits commence à 290 € par personne à Beaucemaine.
Vous hésitez entre deux solutions pour votre situation ? Écrivez-nous : l'équipe des Voisins vous dit franchement si un séjour vous convient, et vous oriente vers la plateforme de répit des Côtes-d'Armor sinon.
Questions fréquentes
Peut-on cumuler plusieurs solutions de répit la même année ?
Oui. Le droit au répit APA se calcule sur l'année, quelle que soit la solution choisie.
Quelle solution de répit choisir pour un proche atteint de la maladie d'Alzheimer ?
Le relayage à domicile si le changement de lieu l'angoisse ; l'accueil de jour pour un rythme régulier ; le séjour aidant-aidé si votre présence suffit à le rassurer dans un lieu nouveau, calme et de plain-pied.
Qui contacter en Bretagne pour être orienté ?
La plateforme d'accompagnement et de répit de votre département, le CLIC de votre commune ou l'équipe médico-sociale APA du conseil départemental.
Dernière mise à jour : octobre 2026. Sources : droit au répit APA, AJPA, aides en hébergement temporaire, loi n° 2024-1028 du 15 novembre 2024 et décret n° 2025-827, DREES.











